L'ARPT EN BREF

Mot du DG

Le rôle capital que jouent les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’accélération de la mise en œuvre des engagements en faveur du développement durable a été reconnu dans le document final de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20).

L’Afrique subsaharienne dans son ensemble ne progresse pas aussi vite que les autres régions du monde en ce qui concerne le développement des Technologies de l’information et de la communication (TIC), en dépit des progrès notables enregistrés ces dernières années dans le secteur de la téléphonie.

De gros investissements sont consentis dans le réseau de câbles sous-marins qui ceinturent l’Afrique et qui permettent de drainer les différents trafics aujourd’hui et, demain. C’est ce qui explique ce curieux paradoxe d’une Afrique sur câblée, en dépit du retard accusé par le continent.

La transition Analogique-Numérique de la Radio et de la Télévision terrestres permettra de libérer des ressources fréquentielles convoitées pour la fourniture de services à haut débit. En l’absence de politiques nationales claires pour la valorisation de ces dividendes, les multinationaux et autres démarcheurs se positionnent pour des licences d’opportunités.

L’espace occupé par les acteurs globaux dans la définition des orientations du développement des technologies de l’information en Afrique devient de plus en plus important, ce qui entraîne la diminution des marges de manœuvres pour les acteurs locaux. Cette dynamique est sous-entendue par trois facteurs importants : l’évolution de la téléphonie classique vers la téléphonie par internet, la remise en cause des taux de répartition, la contradiction entre la réponse de la coopération internationale et la demande des Etats africains en matière des NTIC.

La dynamique de l’évolution technologique reste un facteur important dans la diminution de la marge de manœuvre des acteurs locaux car elle répond efficacement aux stratégies des acteurs globaux motivés par une logique de marché défavorable à une logique d’aménagement du territoire et d’équité dans le développement des NTIC au niveau du continent africain.

L’émergence des possibilités techniques de pouvoir téléphoner via internet à partir de postes téléphoniques sans passer par un PC inaugure une nouvelle ère technologique où les coûts reflètent de moins en moins la distance et la durée des appels. Dans le cas d’un appel fait par internet, il est uniquement possible de facturer le circuit entre l’émetteur et son fournisseur d’accès.

Cette évolution technologique mettra fin au système de répartition des taux entre les opérateurs nationaux et les opérateurs étrangers étant donné que la totalité des payements des coûts de communication sera encaissée par l’opérateur émetteur de la télécommunication dans le nouveau système.

Le seul moyen pour les Africains de bénéficier financièrement de cette technologie de communication du futur est d’entrer dans les réseaux de marketing de ces systèmes.

A côté de cette dynamique de globalisation, il existe une dynamique d’appropriation et d’intégration des NTIC en Afrique qui est appréciable.

Cette dynamique est remarquable d’abord dans le secteur de l’éducation où l’utilisation des NTIC par l’enseignement à distance se veut être une première réponse à l’insuffisance d’infrastructures, du personnel qualifié et de matériel didactique. L’objectif étant l’accès aux savoirs par transmission pour les jeunes Africains que la transformation du modèle éducationnel pour créer une « société d’apprentissage » tel que cela se passe maintenant en Occident.

Malgré cet apport considérable des TIC au système classique d’enseignement en Afrique qui permettra l’augmentation des effectifs et l’amélioration de la qualité de l’enseignement, beaucoup de jeunes africains vivant dans des zones rurales qui n’ont pas accès ni à l’électricité ni au téléphone sont exclus de ce nouveau système éducatif. D’autre part, le système d’enseignement à distance tel qu’il se présente aujourd’hui n’a pas d’emprises sur les réalités locales, les programmes sont pensés globalement, ce qui peut conduire à l’éloignement culturel des jeunes africains formés dans ce système par rapport aux réalités locales.

Le grand enjeu actuel est la possibilité technologique de construire des réseaux de télécommunications à vocation universelle.

Il existe aujourd’hui un certain consensus sur les objectifs stratégiques à poursuivre, à savoir :

  •  La mise en place d’une plateforme organisationnelle et réglementaire évolutive ;
  •  Le renforcement des capacités Institutionnelles et humaines ;
  • L’appropriation et la domestication des technologies ;
  • L’application des TIC dans tous les secteurs qui favorisent le développement économique et social, notamment l’éducation et la santé ;
  • La lutte contre la cyber-délinquance et la protection des données à caractère personnel.